La sainteté au quotidien

En famille

Louis et Zélie se sont interrogés sur leur propre vocation religieuse, puis avec une égale confiance en Dieu se sont engagés dans le mariage. Le foyer de Louis et de Zélie, a été, pour leurs enfants le lieu privilégié de l’expérience de l’amour et de la transmission de la foi. Dans la maison, dans l’intimité de la chaleur familiale et de la vie domestique, chacun a reçu et donné.

Au milieu des multiples soucis professionnels, les parents ont su, l’un et l’autre, communiquer les premiers enseignements de la foi à leurs propres enfants, dès la plus tendre enfance. Ils ont été les premiers maîtres dans l’initiation de leurs enfants à la prière, à l’amour et à la connaissance de Dieu, en montrant qu’ils priaient, seuls et ensemble, en les accompagnants à la messe et aux visites au Saint-Sacrement.

Ils leur ont enseigné la prière, pas simplement en disant qu’il fallait prier mais en transformant leurs maisons en « une école de prière ». Ils ont enseigné combien c’était important de rester avec Jésus, en écoutant les Évangiles qui nous parlent de Lui. Zélie avait demandé à Dieu de nombreux enfants « pour qu’ils lui soient tous consacrés ».

Madame Martin faisait prier ses ainées chaque soir pour réclamer à St Joseph un petit frère qui, un jour, offrira l’hostie et s’en ira en terre lointaine… (CF 21 13 janvier 1867). Ayant le désir d’offrir à Dieu un prêtre qui serait missionnaire, Louis et Zélie Martin avaient à cœur de soutenir les œuvres missionnaires. Ils furent parmi les premiers inscrits à l’œuvre de propagation de la foi que venait alors de fonder Pauline Jaricot.

Louis accepte dans la foi la vocation de ses filles. A l’annonce de l’entrée de Céline au Carmel, le 15 Juin 1888 : « Viens allons ensemble devant le Saint Sacrement remercier le Seigneur qui me fait l’honneur de prendre tous mes enfants ».

« Ils avaient tant désiré un fils missionnaire ! S’ils avaient pu pénétrer le voile de l’avenir, ils auraient vu que c’était par moi que leur désir serait accompli  ». Ste Thérèse de l’Enfant Jésus (LT 226 au Père Roulland)

Au travail

Les relations que Zélie entretient avec son personnel dont elle dit qu’il faut l’aimer comme les membres de sa propre famille, comme avec ses voisins et connaissances nous la montre toujours prête à combattre les injustices, à soutenir ceux qui en ont besoin. L’Évangile mène tous ses actes.

Elle conçoit sa relation aux ouvrières dentellières, aux fournisseurs et aux clients comme des lieux de mise en pratique de la charité. Elle prend soin de ses ouvrières, veille sur les malades, les écoute, les soutient…

Au domicile, les domestiques de la maison sont traités comme les membres de la famille : Quand ils sont malades, c’est elle qui veille sur leur santé : « La fièvre ne m’a pas quittée pendant trois ou quatre jours, écrit Zélie, j’avais mal à la gorge et il fallait cependant que je reste debout une partie des nuits, à soigner la bonne. »

« Les domestiques, il faut qu’ils sentent qu’on les aime, il faut leur témoigner de la sympathie et n’être pas trop raide à leur égard…. Il est vrai que je ne traite pas mes servantes moins bien que mes enfants ». CF 29 à son frère  « Je voudrais avoir des commandes ; cela me fait tant de chagrin d’être obligée de renvoyer mes ouvrières ». CF  150

« Si nous l’avions voulu, la vente était conclue, (son commerce de dentelle) mais j’ai cru devoir ouvrir les yeux de ces personnes sur certaines difficultés car elles voyaient tout en beau et cela me déplaisait…». CF 183

En société
Des relations sociales riches et diverses

En tant que commerçants, employeurs, Louis et Zélie Martin sont en contact avec des personnes très différentes.

Louis participe à des pèlerinages  à Paris, Chartres, … où il rencontre des gens  de toutes provenances.

Ils côtoient divers milieux de la société, dans laquelle ils vivent. L’appel à des nourrices, pour leurs enfants, leur permet de découvrir, de  l’intérieur, les façons de vivre, aussi bien en ville qu’à la campagne.

Une attention particulière aux pauvres

« Elles sont proverbiales, l’ouverture et la capacité d’accueil de la famille Martin : non seulement la maison est ouverte et accueillante pour quiconque frappe à la porte, mais le cœur de ces époux est chaleureux, vaste et prêt au « don de soi ».

Cardinal Sareiva Martin lors de la béatification

Un engagement fort sur le terrain social

Louis Martin participe à une groupe que l’amitié réunit : treize hommes du quartier de Monsort divers par leur professions (artisans, commerçants, enseignants, fonctionnaires, professions libérales) et leurs options politiques (royalistes-républicains)

Des catholiques sociaux engagés à la suite de Frédéric Ozanam au service des plus pauvres. (Conférence St Vincent de Paul, fondée à Alençon en 1847). « Il est temps de montrer que l’Eglise peut plaider la cause des prolétaires ».  F. Ozanam

Louis Martin contribue à la fondation lancée par Albert de Mun. En 1876, il est le onzième souscripteur des Cercles catholiques ouvriers à Alençon.

Les catholiques sociaux  aident la classe ouvrière à s’organiser. Vital Romet est un des promoteurs de la mutualité à Alençon, dès 1876.